J'ai refusé un devis à 20 000€ et codé mon site avec une IA (sans être développeur)

J'ai refusé un devis à 20 000€ et codé mon site avec une IA (sans être développeur)

Trois devis. Huit cent trente euros, sept mille cinq cents, et le dernier : presque vingt mille euros.

Vingt mille euros pour refaire mon site.

J'ai eu le vertige. Pas parce que c'est trop cher en soi — une agence avec un chef de projet, un dev, un designer, ça a un coût. Mais parce que quelque chose ne collait pas. Je vends des systèmes Notion et IA à des PME depuis six ans. Mon argument, c'est que les bons outils et les bons alliés permettent à une personne seule de faire ce qui demandait une équipe avant. Et là, je m'apprêtais à payer 20 000€ pour quelque chose que ces outils pouvaient peut-être faire.

Alors j'ai dit non. Aux trois.

Et j'ai buildé ramalogic.com moi-même, avec Claude IA comme copilote, en trois semaines de travail espacées. La vidéo ci-dessous raconte tout, dans l'ordre et avec les vraies images. L'article qui suit donne la méthode, les outils, et les pièges à éviter.


Ce que j'ai compris avant d'écrire une ligne de code

Mon erreur initiale : me demander si j'étais capable de coder un site. Mauvaise question.

La bonne question : est-ce que je suis capable de savoir ce que je veux et de le dire clairement ?

Ça, oui. C'est même exactement ce que je vends. Un consultant Notion, c'est quelqu'un qui structure la pensée avant de toucher à l'outil. Alors j'ai appliqué la même logique au site : avant de demander quoi que ce soit à Claude, j'ai passé du temps à définir précisément ce que je voulais. Chaque section, chaque page, le ton, les couleurs, ce qui devait apparaître et ce qui ne devait pas.

La clarté est l'arme principale. Claude est l'exécutant.


La stack : simple, maîtrisée, à moi à 100%

Une règle que je me suis fixée dès le départ : utiliser uniquement des outils que je comprends et que je peux maintenir seul. Pas de WordPress, pas de plugins à updater, pas de prestataire dont je deviens dépendant.

Voici ce que j'ai choisi et pourquoi :

Astro — générateur de site statique. Chaque page est générée à la compilation : le résultat final est du HTML/CSS pur. Ça charge en moins de 200ms, le SEO est natif, et il n'y a aucun serveur à maintenir.

Tailwind CSS — framework CSS utilitaire. Je décris le style directement dans le HTML. Claude le connaît parfaitement, ça rend les échanges très précis.

GitHub — le code vit ici. C'est le seul endroit. Pas de copie locale qui peut disparaître, pas de FTP, pas de mystère.

Netlify — hébergement et déploiement. Je pousse sur GitHub, Netlify construit le site et le met en ligne automatiquement. Zéro manipulation après.

Notion — le CMS. C'est là que j'écris les articles et les cas clients. Une ligne dans la base de données = une page sur le site. Je passe le statut sur "Publish" et le site se met à jour en deux minutes.

Cette stack est gratuite à 80% (Netlify free tier, GitHub free, Astro open source). Le seul coût réel : les tokens Claude lors du build.


Comment utiliser Claude comme copilote (et pas juste comme générateur de code)

La plupart des gens utilisent Claude en mode "donne-moi le code pour faire X". Ça marche, mais c'est sous-optimal. Ce que j'ai fait :

1. Décrire l'intention, pas la technique

Au lieu de demander "écris-moi un composant avec une navbar responsive", j'ai dit : "Je veux une navbar flottante qui disparaît au scroll vers le bas et réapparaît au scroll vers le haut. Le fond est transparent sur la home et opaque sur les autres pages. Voici la palette de couleurs..."

Claude traduit l'intention en code. Mon job c'est de préciser l'intention.

2. Donner son contexte de marque

C'est là que la plupart des gens ratent, et c'est pour ça que les sites générés par IA se ressemblent tous. J'ai créé un fichier .impeccable.md que je donne à Claude à chaque session :

  • Palette de couleurs exacte (Aloe #4A5D4F, Mindaro #D4E157, Cream #FFFCF7)
  • Typographie (quel font pour les titres, quel font pour le corps)
  • Principes de design (asymétrie volontaire, pas de grilles parfaites)
  • Anti-modèles (pas de cards identiques, pas de boutons CTA partout, pas de gradients bleu-violet)

Avec ce contexte, Claude ne génère plus du "design générique IA". Il génère mon design.

3. Travailler par sections, pas par pages

J'ai découpé chaque page en sections autonomes (hero, services, cas clients, témoignages, CTA). J'ai travaillé section par section, validé visuellement, puis passé à la suivante. Ça permet de corriger tôt et de ne jamais se retrouver avec une page entière à refaire.


Notion comme CMS : le workflow qui tourne tout seul

C'est la partie qui m'a le plus surpris par sa simplicité.

J'ai deux bases de données Notion :

  • RL-Site-Blog : mes articles
  • RL-Site-Études de cas : mes cas clients

Chaque entrée a les propriétés habituelles (titre, extrait, catégorie, date) plus un champ Status. Quand je passe Status sur "Publish", un Notion Worker envoie un webhook à Netlify. Netlify lance un rebuild du site, qui va lire les nouvelles données dans Notion via l'API. Deux minutes plus tard, l'article est en ligne.

Je n'ai pas touché au code une seule fois pour publier cet article.

Le système est entièrement piloté depuis Notion. Pour quelqu'un dont tout le système opérationnel tourne déjà sur Notion, c'est cohérent : un seul endroit pour tout.


Le problème du design générique : comment l'éviter

Il y a un moment dans tout build assisté par IA où tu regardes le résultat et tu te dis : ça ressemble à n'importe quel autre site. Trois colonnes identiques, les mêmes boutons CTA verts, une hero section avec un titre centré et un sous-titre vague.

Pour l'éviter, j'utilise un skill Claude que j'appelle Hallmark. Ce n'est pas un plugin, c'est une façon d'instruire Claude :

  • Interdire explicitement les patterns génériques (grilles parfaites, boutons partout, gradients bleu-violet)
  • Imposer des contraintes créatives (asymétrie, hiérarchie visuelle marquée, une seule couleur accent)
  • Valider visuellement chaque section avec un screenshot avant de passer à la suivante

Le résultat sur ramalogic.com : la navbar est asymétrique, les sections ont des rythmes différents, et au centre de la home il y a une orbite avec le logo Notion entouré des logos d'IA. Pas parce que c'est "original", mais parce que ça dit exactement ce que je fais.


La nuit blanche : ce qu'on fait quand la voix dit "t'es pas capable"

Il y a eu un moment, vers 2h du matin, où un bug refusait de se corriger depuis une heure.

La voix est revenue. Un mec tout seul avec une IA, qui se prend pour une agence. Tu te racontes pas des salades, là ?

Ce que j'ai fait : j'ai continué. Une ligne de plus. Un fix de plus.

Pas par héroïsme. Juste parce qu'arrêter là, c'était donner raison à la voix. Et la voix avait déjà dit que je ne pouvais pas refuser les devis. Elle avait tort une fois, elle pouvait avoir tort deux fois.

Le bug s'est corrigé à 3h27.

Je dis ça parce que si tu construis quelque chose seul avec de l'IA, il y aura ce moment. C'est normal. Ce n'est pas un signe que tu n'es pas à ta place. C'est un signe que tu fais quelque chose de difficile.


Ce que le site fait tout seul aujourd'hui

Le site tourne. Mais ce qui m'intéresse plus encore, c'est qu'il se nourrit seul.

llms.txt et robots.txt ouverts aux IA

J'ai ajouté un fichier llms.txt à la racine qui décrit ce que je fais, pour qui, et avec quels mots-clés. Les crawlers de ChatGPT, Claude et Perplexity ont accès au site. Quand une IA répond à une question sur "consultant Notion PME", je veux être dans les sources. Ça se prépare maintenant, pas dans un an.

Un agent SEO hebdomadaire

Tous les lundis, un agent lit mes données Google Search Console et Umami Analytics, croise ça avec ce que je publie, et me pousse dans Notion des sujets d'articles basés sur les vraies requêtes qui amènent du trafic. Mon site se nourrit pendant que je travaille sur autre chose.


3 leçons que tu peux appliquer demain

1. Ton job, c'est cadrer. Pas coder.

L'IA exécute. Toi tu définis ce que tu veux, dans quel ordre, avec quelles contraintes. Plus tu es précis sur l'intention, meilleur est le résultat. Formule ce que tu veux comme tu l'expliquerais à un prestataire junior très compétent : contexte, contraintes, résultat attendu.

2. Donne ton contexte de marque avant de demander quoi que ce soit.

Un fichier de contexte (palette, typo, anti-modèles, ton, ICP) donné au début de chaque session IA change radicalement la qualité du résultat. Sans lui, tu obtiens du générique. Avec lui, tu obtiens quelque chose qui te ressemble.

3. En 2026, ton site est aussi lu par des IA.

Google n'est plus le seul canal de découverte. ChatGPT, Claude et Perplexity répondent à des questions et citent des sources. Si ton site n'est pas préparé pour être lu par ces systèmes (structure claire, llms.txt, contenus thématisés), tu rates un canal qui grandit vite.

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